QU’EST CE QUE LA GAUCHE ?
WHAT IS LEFT ?
Le futur de la gauche démocratique
En général, la gauche désigne les mouvements qualifiés de progressistes. La gauche comprend généralement la sociale démocratie, le socialisme, le communisme, l’anarchisme.
Selon les pays et les circonstances, les libéraux se retrouvent à gauche, (lorsque le libéralisme économique prime, mais que le conservatisme s'exerce sur les mœurs : cas des USA) ou à droite, (inversement quand l’interventionisme économique est dominant mais les mœurs relativement libres : cas de la plupart des pays européens).
Selon les points de vue, les extrêmes font ou non partie de la gauche, et de la droite. Tant pour des raisons de fond que pour des raisons politiciennes, les « modérés » d'un bord ont tendance à rejeter leurs extrêmes et donc affirmer que non ; le politicien expérimenté étant même capable d'affirmer tout à la fois que le parti extrémiste n'est pas de sa famille politique mais que l'électeur extrémiste en est. Vu de l'autre bord, les différences paraissent moins marquées, et selon les considérations politiciennes locales (selon qu'on cherche à diviser ou à diaboliser l'adversaire) on séparera ou au contraire on rapprochera les extrêmes des « modérés ».
Qu'en est-il aujourd’hui de la gauche ? Voilà la question qui revient aujourd’hui lorsqu’on parle de politique. En réalité la crise ne concerne pas seulement le rôle et l'importance de la gauche, qui eux, sont toujours actuels, mais plutôt à un changement du sens du mot "socialiste".
Dans les premières années de l'après-guerre on a assisté à la création de deux gauches: La gauche socialiste et la gauche communiste. Puis, au cours des années un nombre grandissant de groupes politiques vont aller grossir les files de la gauche, en créant une grande variété mais au même temps de grandes différences, qui, à la longue, risquent d’épuiser la gauche même.
Le problème est donc dans la recherche de nouveaux instruments de travail qui permettent de concilier des idées différentes, quoique internes au groupe.
Deux modèles prédominent:
- Le modèle méditerranéen, basé sur une sorte de socialisme des citoyens;
- Le modèle scandinave, caractérisé par un socialisme des travailleurs.
Pour mieux analyser la gauche d'aujourd'hui, il faut répondre à quelques questions fondamentales:
· Qu’est-ce que la gauche?
· Comment est la gauche?
· Qui en sont les acteurs ?
· Quels sont les instruments?
Il est fondamental d’établir ce que c’est que la gauche et, par conséquence, bien en définir l'idée. Il est aussi important d’indiquer d’une manière cohérente les objectifs communs aux gauches des différents pays. Concernant la dernière question, il est nécessaire de déterminer les techniques de gouvernement. Il est fondamental d’établir aussi avec des lois ad hoc, les modalités de financement des partis, sujet très controversé et différent d’un pays à l’autre. Il est fondamental de soutenir les militants et de créer une cohésion, du lien social sociale entre eux.
Le thème de la « définition » de la gauche est très complexe, car chaque définition finit toujours pour mécontenter quelqu'un pour la simplicité ou pour la signification restrictive que cela comporte.
La gauche se définit souvent par relation ou comparaison ou contradiction avec la droite. Une manière très simple de comprendre la gauche, est d’utiliser la différenciation de la droite comme clé de lecture.
La gauche, se fonde sur la possibilité de projeter la société, de la changer. La gauche croit qu’il est possible de modifier la société sur la base d'un projet politique. La droite croit par contre impossible de « projeter » la société, considérée presque immuable. La gauche, depuis toujours, est caractérisée par un penchant très vif vers le progrès et l'innovation ( sans tomber dans la faute commune, de croire que les conservateurs habitent seulement dans les milieux de la droite : l'histoire est pleine de conservateurs de gauche, ou qui se définissaient de gauche.)
L'intérêt de la gauche se porte sur l'égalité des hommes et des femmes, sur la démocratie. Pendant que la droite insiste plutôt sur la liberté et sur l'autonomie individuelle.
A ces dimensions, nous pourrions en ajouter une troisième, caractérisée par le dualisme entre l'identité humaine individuelle et les identités particulières. Cette division rappelle l'idée de fraternité, vue d’une manière extrêmement différente par les deux pôles.
La droite a cherché, et cherche encore aujourd’hui, de serrer des alliances avec des idéologies nationalistes, traditionalistes ou racistes; la gauche, de son côté, consacre ses efforts à la protection et au soutien des identités étouffées et opprimées.
Pour conclure, il est important de rappeler qu'il s'agit là de catégories descriptives et non pas d'évaluations de jugement.
En tant que consultante dans une institution méditerranéenne, la Fondation Rosselli, Institut de recherche engagé dans l'étude des politiques publiques au niveau italien, européen et Méditerranéen, j’ai constaté depuis quelques années, que la Fondation en travaillant à L’approfondissement de l'avenir d'un des principaux acteurs de la politique, dont la gauche démocratique, a caractérisé les défis de la gauche, à travers le monde comme suit :
· La crise du système économique Keynésien de L’Etat Providence;
· L'effondrement de l'empire soviétique
· Le changement des repères traditionnels de référence géopolitiques
· L'apparition de nouveaux pôles de développement économique;
· Le renforcement de dynamiques de solidarité sur une base ethnique et régionale
· L'abandon des identités collectives comme les notions de classe sociales;
· Les difficultés dans cette période de crise des idéologies : crise du socialisme, crise du marxisme, crise du communisme…
Les études ont démontré également que la gauche dans le monde est en train d’être confronté aux succès de la droite et du libéralisme porté par une mondialisation et une pensée unique, et dans le même temps, elle doit faire front à des exigences sociales et identitaires latentes.
Deux précédentes rencontres, l’une à Oxford et l’autre à Turin, ont été réalisées dans le cadre d’un programme intitulé WHAT IS LEFT.
Aujourd’hui, il est temps d’étendre ce programme au monde méditerranéen, et d’organiser une rencontre élargie à toutes les composantes de la gauche marocaine et peut-être même à la gauche dans tout le Maghreb méditerranéen. En posant les questions de l'héritage et l'avenir de la gauche, des droits sociaux et politiques des populations, de la démocratie économique et des nouvelles relations industrielles, la question des identités et des religions, cette rencontre délivrera le dénominateur commun d'une Méditerranée de gauche, réponses communes aux problèmes des intégrations régionale et communautaires : le Maghreb, l’élargissement de l’union européenne, l’intégration de la Turquie, celle du Maroc…
Ca au-delà des palissades et des incompréhensions, il est possible de placer la dynamique évolutive de la gauche en Méditerranée comme une alternative aux questions nouvelles de développement économique, à celles de l’égalité, de la solidarité et de la justice.
bouchra boulouiz